Hommages à Monsieur l’abbé Jules ARNOULD – 20 décembre 2014

 

Voici les différents hommages rendus à Monsieur l’abbé ARNOULD, dans l’ordre où ils ont été prononcés à l’occasion de ses funérailles le samedi 20 décembre 2014.

1°) Témoignage de Jean-Claude FLÉMAL, gestionnaire paroissial :

Monsieur l’abbé ARNOULD,

Depuis votre ordination sacerdotale au sortir de la guerre, le 26 mai 1945, vous avez exercé votre ministère dans quatre paroisses : Mont-Saint-Guibert, Perwez, Wauthier-Braine et enfin ici à Rebecq, où vous êtes arrivé en 1963. Depuis lors, nous avons pu découvrir et apprécier les lignes de force de votre vie de prêtre et de votre action comme curé.

Vous avez placé l’Eucharistie au cœur même de toute vie chrétienne. Célébrée quotidiennement, elle était aussi pour vous l’occasion de méditer ou d’expliquer la Parole de Dieu dont vous exploriez tous les contours en tant que bibliste ou prédicateur. Toute votre action pastorale a été basée sur l’assistance à la messe dominicale et c’est dans cette optique que vous avez fait restaurer les peintures de cette église : il s’agissait pour vous de donner à la célébration eucharistique un cadre digne du Mystère qui s’y déroule.

Vous avez manifesté une très grande attention à toutes les personnes rencontrées, quelles que soient la condition sociale ou l’orientation philosophique et religieuse. Vous avez partagé de plus en plus intensément les joies et les peines de nombreuses familles rebecquoises. Cette église comble prouve que toutes et tous ici présents, d’une manière ou d’une autre, nous vous sommes redevables pour les conseils donnés et le réconfort prodigué dans les moments difficiles ou douloureux. Ce don que vous aviez pour trouver le mot juste, vous l’avez aussi montré lors des funérailles. Avec sensibilité et finesse, vous retraciez en début de cérémonie les traits caractéristiques du défunt, exprimant ainsi ce que les familles elles-mêmes, dans leur deuil, n’avaient plus les moyens de dire.

Vous avez suivi et mis en oeuvre tous les changements que le Concile Vatican II a introduits dans la vie de l’Église, à laquelle vous étiez profondément attaché. Vous l’avez fait avec conviction et détermination. Si d’aventure votre esprit vif vous avait emporté au-delà de ce qui permet des relations humaines fraternelles, vous étiez le premier à emprunter le chemin de la réconciliation. En tant que curé, vous avez soutenu la Crèche « Soeurs Lucrèce et Louisa » ainsi que l’école Saint-Géry. Aumônier des Unités guide et scoute de Rebecq, vous avez voulu partager avec les plus jeunes les valeurs du scoutisme qui ont structuré votre personnalité : l’amour de la nature et des chansons, le souci de chacun, le sens du service et la recherche du bien commun.

Retraité depuis juin 2000, vous vous êtes installé dans votre maison en face de la cure. De là, vous restiez préoccupé par le devenir de votre paroisse. Naturellement, après tant d’années, l’appellation « Monsieur le Curé » vous était encore destinée. Ce ne fut pas nécessairement facile pour vos successeurs mais ceux-ci ont toujours pu compter sur votre entière disponibilité et votre riche expérience. Au fil du temps, vous êtes devenu « l’abbé Jules » ou, tout simplement, « Jules », reconnaissable entre tous par votre frêle silhouette, votre belle chevelure blanche et votre petite voiture rouge dont il valait mieux s’écarter. Au moment où le grand âge est arrivé, vous avez pu rester parmi nous grâce à l’amour et au dévouement de la famille de vos neveux, de celles et ceux qui vous étaient proches, entouré de l’affection de tous vos anciens paroissiens.

Retourné à la Maison du Père, vous continuerez à veiller sur nous comme vous l’avez fait pendant 53 ans. Désormais, en votre personne, nous disposons d’ un intercesseur convaincant et efficace. Nul doute qu’en respectant le plus souvent les formes requises, vous saurez dire au Bon Dieu lui-même ce qu’Il doit faire avec chacun d’entre nous. En cette matinée, dans la prière, nous avons rendu grâce pour tout le bien que vous avez réalisé. C’est pourquoi, m’adressant à vous en public pour la dernière fois, je tiens à vous dire, au nom de toute la communauté paroissiale : « Merci Monsieur le Curé. »

2°) Témoignage de Dimitri LEGASSE, député-bourgmestre de Rebecq :

Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour rendre hommage à un homme qui a marqué, c’est le moins que l’on puisse dire, notre commune. Jules ARNOULD a en effet pris ses fonctions à Rebecq en 1963. Et, même s’il avait cédé son poste à son successeur en 2010, après avoir fêté ses 65 années d’ordination, il est resté très présent pour son Église et ses paroissiens, comme Jean-Claude la évoqué avant moi.

Il fut aux côtés des familles rebecquoises lors de toutes les occasions, qu’il s’agisse de moments douloureux quand il accompagnait les familles endeuillées lors de funérailles, ou qu’il s’agisse d’heureux événements comme les baptêmes, les communions et les mariages… Il a d’ailleurs célébré la bénédiction lors de mon propre mariage, ici-même, en 2008 … Et plaidé pour que nous agrandissions rapidement la famille… Nous n’avons pas manqué de suivre son conseil.

Tout au long de sa carrière, il a été animé d’un dynamisme prêt à soulever les montagnes, et ce n’est pas un mot en l’air, car Jules ARNOULD était aussi un passionné d’ascension physique et spirituelle.

Je me souviendrai d’un homme avide d’apprendre et de partager, constant dans sa foi et son envie de la transmettre. Un homme impliqué dans la vie de son village et de ses habitants. Lorsque je suis devenu bourgmestre, en 2006, il m’a littéralement convoqué peu après les élections, pour me donner des conseils…

En tant que député-bourgmestre de Rebecq, au nom de l’administration communale, du Centre Public d’Action Sociale, du Collège et du Conseil communal, je présente mes plus sincères condoléances à la famille de l’Abbé Jules ARNOULD.

3°) Témoignage de Chantal BOTQUIN, cheffe de l’Unité scoute de Rebecq :

Chez nous, Monsieur le curé portait le doux totem de Belette et fut qualifié de « Dévoué » !

Entré dans notre unité il y a 51 ans, et jusqu’à ce jour, Belette y est toujours resté très attaché et suivait ardemment son évolution. Chacun d’entre nous occupait une place importante pour lui car de tous il se souvenait de notre nom, prénom mais aussi de notre totem et ce quelles que soientt les générations !

Souvenons-nous :

  • De tes courses folles en voiture pour arriver à temps pour célébrer les promesses de nos camps…que de frayeurs pour certains !

  • De ta mèche folle qui, au gré de ton humeur, flottait ou était bien placée !

  • De cette voiture embourbée, que tu faisais pousser par des animateurs, frein à main tiré …n’est ce pas Otarie !

  • De ces conseils d’unité, où lorsque venait le moment de clôturer la réunion par tes envolées bibliques, les esprits se dissipaient !

  • De ton inquiétude pour que nos sections soient toujours bien logées !

Ton attachement à l’unité était tel, qu’en août encore, tu dépassas tes problèmes de santé pour être avec nous, sous la pluie, pour entonner une dernière fois le cantique des patrouilles !

Pour tout cela Belette, pour toutes ces fêtes et pour tous les bons moments partagés :

  • Les fêtes des jeunes.

  • Les anniversaires (40ème-50ème-60ème) de l’unité.

  • Les bières bues ensemble aux camps.

Mais aussi pour tout ce que tu as pu nous apprendre, Nous te remercions Belette et t’applaudissons !

4°) Témoignage de Jean-Jacques ROUSSEAU, ami de l’abbé Jules ARNOULD :

Notre cher curé Jules a vécu un demi-siècle à Rebecq. J’ai eu la chance de vivre avec lui à ses débuts de 64 à 66, ses parents étaient à ses côtés et toute la famille accourait le dimanche ! J’ai donc été son vicaire pendant deux ans puis je suis parti travailler en usine comme prêtre-ouvrier et je me suis marié en 82.

Nous sommes toujours restés de grands amis. Nous étions très différents bien sûr, mais nous étions frères ; un grand frère.

Notre cher curé Jules : un passionné de Dieu ; il savait en parler d’abondance de coeur, en termes bibliques et mystiques bien sûr, mais tellement profonds et pleins de vérité. Tout en ayant une tête bien pleine, il avait un cœur incroyable et les pieds bien sur terre.

Il était tout le temps occupé à courir pour réconforter l’un ou pour se réjouir d’une bonne nouvelle pour un autre. Il courait beaucoup : sa voiture : un danger public ! Il savait écouter, réconforter, dire un simple petit mot. Il savait s’adapter à chacun de ceux qu’il rencontrait. Un grand cœur.

Il a eu la chance d’être toujours bien aidé, bien entouré : ses parents, sa famille, Denise, Sœur Delphina, et Lucette !

Comme la plupart d’entre nous, il a eu peur de la mort. Il l’a exprimé. C’est un cap tellement difficile à encaisser. C’est la plus mauvaise blague qui peut nous arriver !

Cette mort, ces dernières années il a voulu la dompter, la maîtriser, la préparer. Les vêpres du 1er novembre qu’il a organisées, c’était pour consoler tant de gens qui vivaient un deuil, et c’était pour prendre à cœur tous les deuils qu’il a vécus, en se remettant à Dieu dans la prière.

D’autre part, il continuait à chanter la vie. Cette dernière année, il a encore fondé une amicale : on se retrouvait à 30 personnes chez lui pour chanter autour d’un verre de l’amitié.

Entre-temps, même alité, il continuait à vouloir aller réconforter des gens. Il apprenait un décès, il se levait et il fallait aller le conduire !

Jules un passionné de Dieu, un passionné de tous ses concitoyens !

Mais la mort ça reste toujours un problème énorme. J’ai un petit-fils qui m’a donné une image, une idée que je vous partage (Les jeunes, les enfants ont vraiment des réactions tout autres devant la mort…on peut aussi les écouter….). Dans notre immense système de galaxies, des tas d’étoiles s’éteignent, meurent, disparaissent mais CONTINUENT à briller. La mort de notre curé Jules n’est pas un point final. Sa vie continue à briller. Cela ne sert à rien de lui ériger une statue !

Je crois qu’il souhaite que chacun puisse comme lui, être passionné pour un idéal et être passionné pour la VIE, pour la vie et le bonheur de tous ceux qui nous entourent. Et son esprit nous y aidera.

BRAVO Jules pour ta vie bien remplie. MERCI pour cette vie que tu as donnée jusqu’au bout. Tu es vraiment le frère de tous ! Merci Frère Jules ! MERCI.

5°) Témoignage de Maître Paul BLESIN, de la Fondation Neunez :

Dans la symphonie des matins et des soirs, / De la pesanteur et de la grâce, / Vous avez cheminé sur cette terre / Comme tous les hommes, / Tantôt joyeux, tantôt souffrant, / Tantôt silencieux, tantôt chantant, / Et le temps, goutte à goutte, sur vous a ruisselé … / On a chacun son sablier.

Semeur de gentillesse, / Partout où vous passiez, / Vous apportiez la joie, la lumière, l’espoir.

Vos deux mains toujours grandes ouvertes / Ont chanté le vent avec ses parfums d’herbe / La générosité mais, surtout, la foi avec tendresse.

À tous les hommes que la puissance enivre / Vous disiez que tout l’art de vivre était d’exister réellement.

Maintenant que vos paupières sont closes, / Que vous avez refermé la fenêtre de vos yeux, / Vous allez confier à la terre maternelle votre tunique de chair / Pour poursuivre votre route en manteau de lumière / Et, au cœur des étoiles, assouvir votre rêve.

Enfin, vous allez voir Celui que vous n’avez eu cesse / de rechercher, de chanter et d’aimer : / Notre Père

Monsieur l’abbé Jules ARNOULD en 2011.

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